Nati ou le Why

« Vous saviez qu’un déménagement c’est trois fois plus stressant qu’un divorce ? Alors j’imagine bien que changer à nouveau de pays, même si c’est pour rentrer chez vous ça doit être quelque chose ! Se réhabituer à un environnement complètement différent, même si vous le connaissiez, ce n'est pas facile. Le corps a oublié. L’esprit aussi, il n’a pas forcément suivi. Et les souvenirs, tous ces souvenirs… »

Presque deux ans que je suis partie de Suisse, et je revenais d’un coup, comme ça à l’arrache comme d’habitude. Quelques jours avant le retour j’ai vagabondé en Italie, je suis tombée amoureuse du bordel de Naples : un chaos constant, des automobilistes qui font la course aux motos, des piétons qui courent après les voitures, des cris, des rires, de la vie à 100 à l’heure et j’ai beau dire, j’aime ça.

Famille Napolitaine qui prend la pose :D

Famille Napolitaine qui prend la pose :D

Je l’avais presque oublié ces temps que je me sens bien dans le chaos, Londres avait fini par m’épuiser, puis vivre en auberge, au milieu d’une centaine de personne c’était complètement fou mais j’en pouvais plus, j’aspirais au calme, je voulais revoir Genève.
Je l’avais quittée soulagée, un peu triste mais prête pour l’aventure, pour les rencontres, les folies, cette VIE. Et puis quand elle a fini par me manquer j’y retournais souvent, un peu trop régulièrement.

« Nat, si t’y retournes si souvent c’est que peut-être… tu veux rentrer non ? »

C’était Alyssa cette Américaine venue à Londres par amour de cette ville dont elle était tombée amoureuse depuis très longtemps, et qui a sacrifié la chaleur de son Arizona natal pour refaire une vie dans la pluvieuse capitale anglaise.
J’avais remarqué qu’il y avait une différence entre sa relation à Londres et la mienne.
Elle était investie, elle l’aimait point barre. Elle s’en foutait un peu de son job, ce qu’elle voulait c’était pouvoir se faufiler dans les ruelles de la belle. Etre avec elle lui suffisait.

Moi c’était plutôt un jour oui, un jour non. J’avais besoin d’être loin pour qu’elle me manque, et à peine arrivée je pensais à repartir.
C’était pareil avec Genève. Ces derniers mois j’avais flirté avec elle comme jamais, plus je revenais la voir, et plus elle me manquait.
Et on avait beau me mettre en garde, « mais Nat, à peine rentrée tu vas vouloir repartir ! », j’étais décidée, cette fois, ce serait la bonne.

Tiens, je me demande si ma relation aux villes n’est pas la même que mes romances.
Peut-être que la manière dont tu vis les lieux en dit plus sur toi qu’on ne le pense.


Il m’a foutu les boules l’autre en parlant des souvenirs. Trois fois plus stressant qu’un divorce. Merde alors. Bon en même temps si c’est ça, le mariage ne devrait plus me faire peur. Ou bien peut-être que le mariage c’est encore plus stressant qu’un déménagement ?

C’est toujours flippant quand quelqu’un arrive à décrire exactement ce que t’as refusé de ressentir toute seule.


Les souvenirs, tous ces souvenirs.

La belle Genève

La belle Genève

Je pensais que le retour serait facile. J’avais tout prévu, tic, tac, pif pouf.
J’avais ma coach par skype, ma business school en ligne, j’ai pitché mon plan à mes parents pour qu’ils m’accueillent quelques mois, et j’avais trouvé un job dans un café histoire de financer tout ça.  
Le job et moi on s’est vite séparés. Je n'avais plus l’habitude de la vitesse désordonnée, de la dureté, d’une ambiance où les uns se moquent des autres qui ne sont pas là.
Faut me comprendre, je reviens de bisounours land. Je sais que c’est possible maintenant des groupes d’humains qui se respectent, qui ont un trop plein d’amour à partager, alors non, non, on va pas me la faire à moi.

« Donc vous êtes bisounours c’est ça ?! Ah mais faut être un peu solide dans la vie ! »

« J’ai les deux côtés. Je suis une hyper-sensible hyper-ambitieuse. Hyber-rebelle hyber-bisounours. Ca se combine de manière magique parfois. Donc bref, je vais devoir démissionner. »

« Après une semaine ! C’est pas sérieux ça, j’ai fait de place pour vous ici, vous étiez motivée, vous alliez fidélisez les clients, remonter le chiffre d’affaire et tout ! »

« Je.. je suis désolée. »

C’est marrant, j’ai fait des jobs bien plus durs au début de ma vingtaine. Et là je n’ai pas voulu rester. Pourtant je me sens bien plus invincible qu’avant.
Je crois que le bisounours qui sommeille en moi a décidé qu’il en avait marre qu’on ne prenne pas ses valeurs aux sérieux. T’as déjà vu des bisounours prêts à se révolter ? Ca fait peur à voir, c’est une pétée de couleurs pastels et d’amour à n’en plus finir.


Les souvenirs, tous ces souvenirs.

J’avais toujours besoin de financer mes rêves, alors je me suis mise à chercher un autre job. Mi-temps, temps plein. jobs de services, de bureaux, jobs « sérieux » qu’ils disent.

J’avais une énergie de malade, et je sais bien me vendre, tu sais à nouveau cette histoire de romance. C’est la partie que je préfère je crois.
Flirter, se démarquer des autres.
Savoir se vendre, se démarquer des autres.
J’ai été rappelée après chaque entretien.
Mais bisounours sentait que j’étais résistante tu vois, il me disait « Nat, Nat, t’as vraiment envie de faire ça ? Fin je sais que c’est temporaire mais quand même ! Tout ça c’est du temps que tu pourrais consacrer à écrire, à créer des vidéos, à coacher des clients, à faire ton site, à … »

J’ai refusé tous les jobs.

« C’est vous qui le vouliez ce job mademoiselle ! Merde !»

Ils étaient pas contents des fois.

Mais tu vois j’avais pas le choix. Parce qu’en fait Bisounours a une vision.
J'ai une vision.
Une vision de malade, une vision qui me transporte.
Ca fait un bout de temps que j’ai établi mes valeurs et maintenant je m’en suis servie pour dessiner une vision, une vision de OUF, une vision qui m'en a fait oublier toutes mes crises existentielles et qui m'emporte chaque jour au-delà de mes peurs.


Je suis allée à une conférence géniale l’autre jour à l’uni sur l’économie digitale. Le speaker c’était Rufus Pollock, un badass super respecté dans son domaine, et comme disaient ses collègues « crazy smart ». Il a commencé sa conférence par nous parler de vision. Du fait qu’on a arrêté d’avoir de grandes visions. That we often give up on vision and it is a big problem.

Que le mot vision a simplement été relégué aux rêveurs, à ceux qui n’ont pas les pieds sur terre. D’ailleurs quand tu regardes la définition de vision dans le dictionnaire, les quatre premiers sens du mot sont ironiques, font référence au surnaturel, pis ils sont peu moqueur.

Ben notre ami Rufus assure que c’est un problème parce qu’on est à l’aube d’une putain de révolution. Parce que le monde change ultra vite, la technologie bouleverse et modifie les codes à une vitesse jamais vue. Et puis surtout parce que c’est seulement avec une vision super puissante qu’on peut créer des projets à impacts révolutionnaires.

J’étais fascinée pendant toute la conférence. Le type avait avait une vision, il avait un WHY.
Et il en parlait avec tellement de conviction que c’était impossible de ne pas y croire.


Alors oui, je sais qu’on a eu des visionnaires très dangereux par le passé(et encore aujourd’hui !).
C’est aussi là le problème. On oublié ce que c’était une vraie vision. Une vraie vision ne sert pas seulement les délires égocentriques d’un blond qui gigote. Une vraie vision n’exclura jamais certains individus. Une vraie vision c’est une direction pour l’humanité entière, une direction vers encore plus d’égalité, plus d’unité, plus d’amour, plus de vie. Une vision qui est vraiment powerful c’est une vision au dessus de toi et moi, c’est un truc qui nous englobe tous, c’est un truc bien au-delà.

Tu vois pourquoi le monde a besoin d’un visionnaire comme TOI, toi qui surkiffes l’humanité, toi qui croit vraiment en un monde meilleur et qui veut abattre tous les murs ?

Ca avait commencé avec cette histoire de RBI. Ca m’a tellement titillée cette histoire, parce que je voyais l’importance du truc, et j’avais passé assez de temps à l’étranger pour me rendre compte qu’on a vraiment de la chance en Suisse. Je le pensais quand je disais qu’il fallait imaginer une nouvelle réalité, et que nous les Suisses avec notre statut particulier, c'était presque notre responsabilité tu vois, on devrait être les premiers à aller vers cette transition.

Je parlais avec un ami Serbe récemment (hi D.!). Je lui racontait comment en Suisse on était plutôt averses aux risques, que le problème du confort bah c'est justement ça: on n'est pas poussé hors de cette zone de confort. Pourtant on te l'as bien assez dit, que la magie se passait en dehors de cette fameuse zone!

Mon ami m'a répondu qu'en Serbie c'était l'inverse, que des risques tout le monde en prenait parce qu'ils n'avaient plus rien à perdre. Là bas y'a de l'innovation à tous les coins de rue, mais un système politique qui fout tout en l'air.

On a une chance incroyable en Suisse. Et pourtant c'est cette même chance qui nous empêche parfois d'avancer, qui nous empêche de rêver, d'être les premiers à imaginer d'autres réalités. Des fois je me demande ça ferait quoi une pétée d'individus qui osent prendre ces risques dans un pays aussi privilégié, qu'est-ce qu'on arriverait à déclencher? Est-ce qu'on doit attendre l'arrivée de ce fameux revenu universel pour se lancer vers une nouvelle réalité?

J’ai commencé à remarquer autre chose. J’ai remarqué que certains des plus grands visionnaires, des plus grands humanistes ne savent pas toujours comment exprimer leurs idées,  qu’ils ne se sentent pas adéquats, qu’ils ont peur qu’on se moque d’eux. J’ai commencé à voir le lien avec le développement personnel, ce truc qui m’avait tellement aidé dans ma vie, ce truc qui m’avait transformé, qui m’avait donné cette force de m’exprimer, de croire en mes idées, cette force d’aller vers mes rêves, cette force de suivre mon cœur.

J’ai compris l’importance de bosser sur soi-même, d’apprendre à kiffer sa vie avant d’aller changer le monde.

Je savais que je voulais partager tout ce que j’avais appris dans ce domaine, que je voulais inspirer d’autres gens sur cette voie, leur montrer la magie d’une vie que tu choisis, d’une vie que tu adores, d’une vie pleine de sens, pleine d'amour, puis surtout ramener cette révolution du développement personnel en Suisse ! Parce que je crois bien qu'on en aura besoin. Parce que je crois que c'est seulement comme ça qu'on osera se diriger vers cette nouvelle réalité.

Je commençais à voir comment ce que j’allais créer serait bien plus grand que moi.  J’ai désormais un why, un purpose. Ce n’est plus juste « je suis mes rêves », mais c’est « je veux aider à changer les choses et j’ai une vision pour l’humanité. » (Tu vois même en écrivant ces lignes, j'ai peur que ça fasse too much, pis après je me dis mais merdeeee Nat pourquoi alors on est sur cette planète là tous ensemble hein?)

Avoir une vision c’est avoir un WHY. C’est avoir un pourquoi. Pourquoi tu te lèves tous les matins, pourquoi tu fais ce que tu fais, pourquoi tu fais ces choix là.

Alors là mon coco j’te connais, t’es comme moi, t’es surement un peu méfiant des grands mots et belles paroles, mais je te demande de m’accorder une chance. Je veux te montrer en quoi la puissance du WHY est primordiale.

Tu connais Simon Sinek, ce mec à lunettes qui parle des millenials et qui fait le buzz sur tous les réseaux sociaux ? Sa mission c’est de donner un sens aux entreprises, c’est de donner un WHY à chaque projet, à chaque être humain. C’est de montrer comment tu rends les individus malheureux s’ils n’ont pas de WHY pour se lever tous matins. De montrer que les entreprises qui n’ont pas d’autres WHY que de faire des sous ça fait mourir lentement tous leurs employés disciplinés (c'est vraiment pas malin d'ailleurs, un employé heureux te rapporte bien plus m'enfin!).

Il parle aussi de révolution, du fait que les nouvelles générations ne veulent plus ça.
On ne veut plus travailler juste pour travailler.
On ne veut même plus travailler juste pour le fric.
On veut un WHY.
On veut une raison de bondir du lit chaque matin.

On veut comprendre en quoi notre passage sur terre a pu amélioré la condition des futures génération, des futures habitants de notre planète (pis tiens, on veut savoir aussi en quoi on contribue à la sauver cette planète!)

Tu me connais, j’aime bien expérimenter et comprendre les trucs moi-même. Bah j’vais te dire je crois qu’il a raison. Dans mes voyages, ou durant mon années à Londres j’ai rencontré des milliers de personnes perdues, des humains rebelles, des gens qui ont quitté leur jobs, qui ne veulent plus d’une vie grise, qui veulent de l’amour, qui veulent de la joie, et puis surtout qui veulent du sens.
Je crois qu'on est à l'aube d'une très grande révolution.

Et puis il y a toi, toi qui lit mon blog, toi qui m’écris parfois pour me dire que c’est cool de me lire, que ça fait du bien, parce que tu sais ce que tu ne tolères plus mais tu peines encore à formuler ce que tu veux vraiment.


Y’a une force magique, une force indestructible qui vient avec le WHY.
L’exemple le plus flagrant c’est Victor Frankl, ce survivant de Auschwitz qui a écrit un des livres les plus inspirants que j’aie jamais lu, « Man’s search for meaning ».

« He who has a why can bear any how ».

Celui qui a un pourquoi peut supporter n’importe quel comment. Et il en sait quelque chose. C’est parce qu’il avait un pourquoi qu’il a survécu. Oui il y a la chance, mais dans la chance, il y avait son WHY, sa raison de vivre, sa volonté de sortir de là pour partager son message, pour faire avancer l’humanité vers un monde où ce genre d’horreur n’existerait plus.
Il mentionne aussi que ceux qui survivent sont ceux qui savent garder leur sens de l’humour, qui savent aimer les petits plaisirs, qui savent garder cette humanité quand on t’arrache toute humanité.
Avoir un pourquoi te pousse à essayer et survivre à tous les "comment". En fait si t’as un pourquoi tu débrouilles pour le comment, quoiqu’il arrive.
Tu n’as plus peur de ce que les gens vont penser, plus peur de t’exprimer, plus peur de prendre des risques. Ou peut-être que si tu as toujours peur, mais tu ne peux pas y succomber, pas cette fois. Le why est plus fort que toi, il te pousse au-delà de tes limites, il te force à te relever à chaque fois que tu tombes, il t’embarque vers des aventures incroyables.

Va voir le mec parler, y’a des vidéos de lui sur youtube. Regarde comment il parle. Regarde cette flamme dans les yeux, cette détermination dans la voix, cet humour aussi. Regarde son amour de l’humain, son amour de la vie. Observe la puissance de son message, cet état second et tellement irrésistible dans lequel il est plongé lorsque qu’il parle de son WHY.

Quand tu l’as c’est plus fort que toi, tu ne peux pas ne pas parler.
Si t'as un why tu dois t'exprimer.
Tu dois créer.
Tu dois partager.
Tu dois inspirer.
Peu importe que tu sois terrifié.

WHY ;-)

WHY ;-)

Tu t’es déjà demandé pourquoi le taux de suicide diminuait pendant les guerres ?
C’est que soudain on t’imposait un why, tu avais une mission, une raison de vivre. Tu devais sauver ta famille, défendre ton pays et ses valeurs, tu avais un why et plus que jamais tu te levais le matin et tu savais pourquoi.

Je pense aussi que tu réalisais à quel point ça n’avait aucun sens cette violence, et peut-être qu’au fond le why allait au-delà de la famille, de la nation, c’est en la paix que tu croyais: qu’en fait lui, toi, elle, moi et les autres ont étaient tous dans la même galère. Je crois que c’est dans ces temps de crise qu’on ressentait de plus en plus notre appartenance à ce truc de fou qu’est l’humanité.

Tu te souviens, j’avais parlé de Vishen Laskhani dans un de mes articles, l’entrepreneur dont le business a décollé seulement quand il a commencé à enjoyé sa life. Je regardais une conférence de lui l’autre jour, et il parlait de l’évolution de l’humanité.
Il parlait de Darwin, du fait qu’on a souvent mal interprété son travail.
L’évolution des Hommes ne passerait par « la survie du plus fort » mais la survie du plus bienveillant, du plus gentil. (vlà un article de Berkeley si t’aimes les sources ;))

En gros, plus t’es bisounours plus t’as de la chance de survivre. Bah voui, on est des êtres sociaux et tout, pis quand même c’est en communauté qu’on vit le mieux ! C’est pas ouf comme nouvelle ça ? (yaaaay high five à tous les bisounours !!)
Mais le plus fou c’est le livre qu’il cite de Darwin, écrit en 1870:

«A mesure que l’Homme avance en civilisation» – écrit Darwin – il est amené à «étendre ses instincts sociaux et ses sympathies à tous les membres d’une même nation […] puis aux hommes de toutes les nations et de toutes les races».
En gros plus l’être humain évolue, plus il va étendre son acceptation et amour à tous les humains de la terre. Ouep, comme décrit dans un article du Temps, le racisme – et toute forme de rejet d’un autre être humain- représente, selon lui, un retour en arrière sur l’échelle de l’évolution. (donc oui, y’a pas mal de dirigeants dans ce monde qui ont vraiment mal évolué, faut les pardonner, c’est pas de leur faute :p)

Dans le livre Darwin continue à décrire l'évolution avec l'arrivée d’une conscience commune au monde entier.
Et ce que montre Vischen, c'est qu'on est arrivé au début de cette conscience commune, de ces cerveaux hyperconnectés: on est arrivé à l'ère d'Internet.  Imagines toi quand même, Darwin n’avait aucune idée de la forme que ça pourrait prendre !  Le type a écrit ça presque deux siècles avant! C'est pas fou?? (okay, okay, sorryyy c'est le genre de truc que je trouve woaaowwww!)

C’est avec internet qu’on peut communiquer avec des individus à l’autre bout de la planète. C’est avec internet qu’on va pouvoir partager un nombre infini de connaissances partout dans le monde. C’est grâce à internet qu’on va pouvoir apprivoiser cet autre qui n’est pas si différent de nous. Internet nous lie bien plus qu’il ne nous sépare. Oublie ce que veulent bien te montrer les médias, et pense à l’histoire du monde dans son ensemble. L’humanité n’a jamais été aussi tolérante, elle n'a jamais été aussi soudée.

Vishen est très optimiste, lui croit que l’humanité va pour sûr dans la bonne direction et inspire les gens à y aller plus vite sans les détours et autres bêtises de ceux qui ont pas capté l’importance du truc.
Moi je ne le suis pas autant, je crois que rien n’est gagné et qu’on est à un croisement.
Et je crois qu’on a encore une chance d’aller dans la bonne direction. Si toi, lui, elle, nous, moi, et tous les autres on arrête deux secondes de courir sans trop savoir après quoi et on cherche le pourquoi. On tente de trouver notre WHY : parce que mon ptit, j’te promets qu’une armée de visionnaires au grand cœur motivés par un WHY c’est beaucoup plus puissant que toutes les décisions questionnables de dirigeants « mal évolué » (tihi merci Darwin !)

@Trafalgar Square, London <3

@Trafalgar Square, London <3

Le why c’est le même qui me pousse à écrire ce blog, à prendre des risques, à assumer mon parcours peu commun, à vouloir constamment explorer ce monde, cette vie. C’est ce why qui me dépasse, qui est bien plus grand que moi. C’est cette Nat qui assume son côté utopiste, qui assume pleinement ses idées trop plein d’amour, qui croit vraiment en la nécessité de tous se motiver à faire partie des changements de se monde.

Le monde a besoin de toi my friend. Il a besoin de ta vision, il a besoin de ton why. Il a besoin de ta version complètement déchainée de ouf, il a besoin que t’ailles affirmer tes valeurs haut et fort, il a besoin que tu prennes ces risques qui te terrifient. Le monde a besoin que tu suives ton coeur, que tu transcendes tout pour ce why.

Le monde a besoin que tu te lances dans cette révolution, dans cette révolution pleine d’amour, dans cette révolution où tes armes seront tes paroles, ce seront tes mots, ton courage, la beauté des tes valeurs, tes projets, tes rêves, ta joie de vivre, ta détermination à n’en plus finir.

***

A peine rentrée en Suisse j’ai organisé un meetup à Genève. Je voulais réunir d’autres visionnaires, d’autres passionnés, d’autres fous du cœur.

Je vais pas te cacher, c’était terrifiant. On en a parlé autour d’une bière avec ma soeur et paf, deux semaines après c’était là, c'était réel, une trentaine d’inscrits pis nous les boulettes qui devions parler, partager, inspirer.

Je n’aurais jamais pu faire ça avant. Je n’aurais jamais pu faire ça sans des années de développement personnel, sans toutes ces expériences folles à travers mes voyages. Mais surtout je n’aurais jamais pu faire ça sans WHY.

Avec un Why tu n’as plus le choix. Tu oublies toutes tes peurs, tous tes doutes et tu te jettes à l'eau.
C’est maintenant ou jamais.


(PS : I knooowww je t’ai pas invité aux premiers meetup tu comprends c’était flippant, mais si t'es sur Genève et que tu veux venir au prochain hésites pas, écris moi un message je t’envoie les infos ! C'est plutôt cool on parle de liberté, de prendre des risques, et tutti! ;p)

On avait tellement les boules avant le premier évènement qu’on s’est planquées dans un coin du parc des Bastions et on a dansées comme des tarées pour oublier la pression. Ca faisait un peu surréaliste d'organiser ça à Genève, cette ville qui m'avait tant intimidée par le passé.
C’est marrant la vie : les trucs qui t’effraient le plus ne semblent plus si terribles quand t’es en plein dedans. Au final tout s’est super bien passé, c'était pas parfait mais ça allait on était dans le flow. C’était le WHY qui nous dirigeait, il nous embarquait avec facilité, et on suivait, on riait, c’était beau de connecter avec ces inconnus visionnaires, ces rebelles tout plein d’amour.

J’étais seule pour gérer le deuxième événement mais je n’avais plus aussi peur. A nouveau je ne pensais qu'au why, qu'à cette vision, qu'à cette réalité alternative, cette révolution de rebelles preneurs de risques, à une révolution de bisounours tous plein d'amour.
J’ai adoré le deuxième aussi, certains sont revenus, puis il y avait tous ces autres, encore plus nombreux. On a parlé de liberté, on a partagé, on a rigolé.
Un groupe d’inconnus venus des quatre coins du monde. Des optimistes au grand cœur, des entrepreneurs, des voyageurs, des idéalistes, des grands visionnaires.

L’énergie était belle, fluide, magique: c’était comme si on était tous faits pour se rencontrer.

Lac Léman <3

Lac Léman <3

J’ai repensé à Darwin, puis Vishen et sa vision d’internet comme puissant outil pour réunir l’humanité entière. Il n'avait pas tord, on avait été réuni à travers cet univers grâce à quelques lignes postées sur deux trois sites internet, grâce cette invention incroyable qu’est le world wide web.  
On a finit par une danse (parce que y'a rien de plus fou pour se libérer!), puis on est allé nager. J’avais peur que le lac soit trop froid, pis je me suis rappelée que je venais de surmonter une peur bien plus grande, celle de parler sans préparation devant tous ces gens, Nat qui par le passé était terrifiée par l’idée de parler en public.
J’ai suivi les autres sur la petite plage de la Perle du Lac. J’avais oublié à quel point elle était belle cette eau, tu penses bien ça n’a rien à avoir avec le fleuve gris de Londres, damn elle est magnifique cette Suisse quand même.

Ces souvenirs, tous ces souvenirs.

La semaine d’avant j’avais craqué, j’ai pleuré, ça faisait beaucoup d'émotions ces souvenirs, et constamment surmonter ses peurs ça se mêlait à mes rêves, à ma vision, tout débordait, comme cette eau, ça dégoulinait de partout. Ce jour là je m’étais assise par terre au coin d'une rue pour laisser couler ces larmes, ce trop plein d'émotion.

Une jeune femme est passée, elle a hésité… puis elle s’est approchée de moi en souriant et a ouvert ses bras, comme ça sans rien dire. J’ai accepté son étreinte et j’ai laissé mes larmes couler sur son chemisier joliment repassé. C’était comme une messagère envoyée pour me dire que tout irait bien, qu’on s'en sortirait, elle et moi, et tous les autres. (je ne sais pas qui tu es mais si tu lis ces lignes, merci charmante Genevoise, merci.)

Je souriais en pensant à elle, ma sauveuse inconnue, et je nageais vers les autres, ces autres inconnus qui ne l’étaient plus et qui barbotaient joyeusement dans les eaux claires du lac Léman. Je n’en revenais pas qu’à peine rencontrés on était là dans l’eau, tous ensemble.

Je repensais à ces documentaires sur l’évolution des êtres humains, tu sais ceux qu'ils nous présentaient à l'école, ceux où ils montraient qu’on venait tous de l’eau, qu’on était juste des ptites choses gigogantes à l’origine, tous mini-mini, à valser dans cette eau infinie.
C’était beau ce mélange d’humains qui y revenaient, des milliards d’années après, un dimanche après-midi dans la petite Genève.

« Nat, tu viens ? »

J’ai repensé au WHY, à l’évolution de cette humanité. Je me suis dit que j’étais curieuse de voir où elle irait. Pis que y’avait pas de bon ou mauvais côté au final. Y’avait juste le côté des humains, et ça m’a rassurée. On va y arriver je crois.
J'ai regardé le ciel bleu, et ces paysages montagneux qui m'avaient tant manqué. Putain, c'est beau cette nature quand même. C'est beau cette Suisse. C'est beau cette vie.
J’ai fermé les yeux, j'ai laissé mon corps se glisser dans l'eau transparente du lac. J’ai senti le soleil chauffer mon visage et j’ai souri.

« J’arrive ! »